Comment porter un keffieh : 6 façons enracinées dans la tradition palestinienne
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En arabe, c'est le keffieh (كوفية), et pour des générations d'agriculteurs palestiniens, c'était simplement ce qu'un homme portait sur sa tête avant de s'exposer au soleil. Il protégeait de la chaleur en été et du froid en hiver. Ce n'était pas une déclaration. C'était un outil, tissé en coton, plié à la main, et porté de la même manière qu'un grand-père l'avait porté. Savoir comment porter un keffieh est donc moins une question de style que de lire un vêtement du patrimoine palestinien comme il était destiné à être lu.
Ce guide couvre six façons traditionnelles de porter le tissu, ce que le foulard et le cordon qui l'entoure signifient réellement, et comment le porter avec le respect qu'exige un objet patrimonial. Pour savoir d'où vient le keffieh, les origines du motif et le dernier métier à tisser qui le fabrique encore, voir l'histoire complète du keffieh et du métier à tisser Hirbawi.
TL;DR
Le keffieh se porte de six manières traditionnelles : comme un foulard maintenu par le cordon agal, comme un foulard rentré sans le cordon, comme une protection pour le visage et le cou contre le soleil et la poussière, drapé à plat sur les épaules, enroulé autour du cou comme une écharpe, ou plié comme un châle. Le tissu carré est d'abord plié en diagonale pour former un triangle. La version noire et blanche est la plus liée à l'identité palestinienne. Le porter avec respect signifie le porter comme un héritage, pas comme un costume : connaître la signification du motif et l'origine d'un article authentique, tissé à la main.
Qu'est-ce qu'un keffieh et pourquoi est-il important de savoir qui le porte ?
Un keffieh est un foulard carré en coton tissé, généralement de 110 à 130 centimètres de côté, avec un motif d'une seule couleur sur un fond pâle. La version palestinienne est la noire et blanche. Ses motifs tissés sont souvent interprétés comme un filet de pêche, les routes commerciales qui traversaient la terre, et les feuilles de l'olivier, ce qui est la même grammaire de la terre et de la mémoire qui traverse le langage de la broderie palestinienne.
C'est important car le tissu porte une histoire. Pendant la révolte de 1936 contre la domination britannique, la coiffe du fellah (فلاح) du village, le paysan, est devenue un signe d'appartenance partagé, porté par toutes les classes sociales. C'est pourquoi la manière dont un keffieh est porté, et par qui, est scrutée de près. Le même carré de coton est documenté dans la région sous des noms comme le shemagh et le ghutra, mais le keffieh palestinien noir et blanc a une signification que les autres n'ont pas.
Avant le port : le tissu, l'agal et le pli
La plupart des façons traditionnelles commencent de la même manière. Le carré est plié une fois, coin à coin, en triangle, le long bord plié étant en haut et la pointe pendant vers le bas. À partir de là, la méthode change selon que le tissu est placé sur la tête, le visage ou les épaules.
Le foulard est souvent maintenu en place par l'agal (عقال), un double cordon noir qui repose comme un anneau sur le dessus de la tête. Dans son utilisation villageoise plus ancienne, l'agal était une corde pratique, celle utilisée pour entraver un chameau ou une chèvre la nuit, gardée sur la tête toute la journée pour ne pas la perdre. Le tissu donne de l'ombre ; le cordon le maintient immobile. Ni l'un ni l'autre n'a jamais été d'abord une décoration.
Six façons traditionnelles de porter un keffieh
Les méthodes ci-dessous vont des formes villageoises les plus anciennes aux façons quotidiennes de porter le keffieh dans la diaspora aujourd'hui. Chacune est une véritable tradition, pas une mode.
1. Le foulard avec l'agal. Le triangle plié est posé sur la tête, la pointe tombant dans le dos et les deux extrémités avant étant à peu près égales. L'agal est placé par-dessus pour le maintenir, et les extrémités latérales sont laissées pendantes ou sont relevées et rentrées. C'est la coiffe classique de la campagne palestinienne, la forme que l'on voit sur les vieilles photographies de fermiers et d'anciens du village.
2. Le foulard sans l'agal. Porté sans le cordon, le triangle est placé sur la tête et les deux extrémités sont croisées sous le menton et enroulées vers l'arrière, puis rentrées sur le côté. C'est le foulard de travail, celui qui reste en place pendant qu'une personne se penche, soulève et se déplace dans un champ ou un marché.
3. La protection pour le visage et le cou. Le même foulard est relevé de manière à ce que le tissu couvre le bas du visage, ne laissant apparaître que les yeux. C'était une protection contre le soleil, le vent et la poussière fine de la terre bien avant d'être autre chose. Son origine pratique est tout l'intérêt : il a été conçu pour être utilisé au travail.
4. Le drapé sur les épaules. Le triangle, ou le tissu laissé déplié, est posé à plat sur les deux épaules afin que le motif soit clairement visible à l'avant et à l'arrière. C'est la forme la plus courante dans la diaspora et lors des rassemblements, où il est porté moins pour l'ombre que comme un signe discret de l'origine d'une famille.
5. La boucle autour du cou. Plié en bande ou en triangle et enroulé une ou deux fois autour du cou, les extrémités étant laissées libres devant, il est porté comme n'importe quelle écharpe. C'est la manière quotidienne et urbaine de porter le tissu tout au long d'une journée normale.
6. Le châle plié. Porté ouvert sur les épaules et le haut du dos comme une étole, ou drapé lâchement sur les cheveux, cette forme plus douce est courante chez les femmes et lors d'occasions plus formelles. Il permet de garder le motif entier visible tout en se rapprochant plus d'un châle que d'une coiffe.
Comment porter un keffieh avec respect ?
La réponse honnête est de le porter comme un héritage, pas comme un costume. Le keffieh n'est pas un motif de mode inventé pour une saison ; c'est un vêtement de travail qui est devenu un signe d'un peuple à travers le déplacement et la Nakba de 1948, lorsque plus de 700 000 Palestiniens ont été forcés de quitter leurs maisons. Le porter en ayant cette histoire à l'esprit fait la différence entre honorer le tissu et le vider de son sens.
En pratique, cela signifie quelques choses simples. Choisissez le motif palestinien noir et blanc lorsque l'intention est de soutenir la Palestine, plutôt qu'un imprimé de maison de couture qui a copié le look et a perdu le sens. Portez-le de la manière traditionnelle ci-dessus plutôt que de le transformer en quelque chose de méconnaissable. Et sachez ce que le motif signifie, afin que le tissu sur les épaules porte une histoire que le porteur peut réellement raconter.
Comment repérer un keffieh authentique
C'est là que les enjeux se manifestent. Pendant des décennies, le keffieh a été fabriqué sur des métiers à tisser en Palestine, mais des versions bon marché imprimées à la machine, la plupart fabriquées loin, inondent maintenant le marché et ont poussé l'artisanat original au bord de la disparition. Un carré imprimé qui copie l'apparence ne finance aucune des personnes qui ont maintenu la tradition en vie.
Un keffieh authentique est tissé, pas imprimé : le motif apparaît des deux côtés du tissu et le tissage a du poids dans la main. L'usine Hirbawi à Hébron, ouverte en 1961, est largement décrite comme la dernière usine de keffiehs encore en activité dans les territoires palestiniens. Acheter un vrai keffieh tissé, auprès de fabricants qui le tissent là où il doit être, est en soi un petit acte de préservation. Le même instinct se retrouve dans chaque pièce de vêtement traditionnel palestinien, de la coiffe au bas.
Foire aux questions
Qu'est-ce que l'agal sur un keffieh ? L'agal est le double cordon noir porté en anneau sur la coiffe pour la maintenir en place. Dans l'usage villageois, c'était une corde pratique gardée sur la tête pendant la journée ; aujourd'hui, elle fait partie de la forme traditionnelle de la coiffe.
Tout le monde peut-il porter un keffieh ? Oui. Le keffieh est porté depuis longtemps en solidarité avec la Palestine par des personnes qui ne sont pas palestiniennes. Ce qui importe, c'est de porter le motif palestinien noir et blanc avec respect pour son histoire, comme un héritage plutôt que comme une nouveauté de mode.
Quelle est la différence entre le keffieh noir et blanc et le rouge et blanc ? Le keffieh noir et blanc est la version la plus étroitement liée à l'identité palestinienne. La version rouge et blanc est plus associée à la Jordanie et à certaines parties du Golfe. Le tissage et le drapé sont les mêmes ; la couleur indique l'association.
Comment plier un keffieh avant de le porter ? Le carré est plié une fois en diagonale pour former un triangle, le long bord étant en haut. À partir de ce triangle, il est placé sur la tête, enroulé autour du visage ou drapé sur les épaules selon la méthode.
Un keffieh est-il la même chose qu'un shemagh ? Ce sont le même type de foulard carré tissé. Shemagh et ghutra sont des noms courants dans la région ; le keffieh palestinien noir et blanc est la version qui porte la signification spécifique décrite ici.
Chez FALASTIN, nous nous efforçons de maintenir cet héritage en vie grâce à nos vêtements du patrimoine palestinien, qui portent les symboles de la terre sur des pièces conçues pour être portées tous les jours.
100 % des bénéfices de FALASTIN sont reversés à l'United Palestinian Appeal.